La musique existe depuis des temps très anciens. Elle est universelle. Elle est une capacité humaine très précoce, se développant déjà chez des bébés, qui, même s’ils ne peuvent pas encore chanter, la comprennent avec talent (perception des règles musicales). Elle est très résistante, par exemple au déclin cognitif chez les personnes âgées.
Quel est le rôle de la musique ? C’est un grand mystère… ! Apporter du plaisir uniquement ou également jouer un rôle dans le fonctionnement des êtres humains ? Elle fait certainement partie de l’évolution de l’humanité, puisqu’elle existe encore ! Bien plus qu’un simple « cheese cake » qui plait aux sens (Pinker), elle nous sert à séduire, à communiquer, nous aide à construire la cohésion sociale (rites, fêtes), et se développe en plaisir esthétique, en art.
Elle a une action indiscutable sur nos émotions, en lien avec les souvenirs que nous construisons tout au long de notre vie. Mais, le plaisir musical n’est pas inné. Il s’acquiert par l’exposition aux musiques de nos cultures, implicitement, sans effort. Puis l’enseignement de la musique (par les écoles de musique) permet de prendre conscience de ses règles et nuances, et de la pratiquer.
De plus en plus d’études observent que la musique exerce un effet neuroprotecteur (anti-stress), et neurostimulant, sur le cerveau en développement des enfants (plasticité cérébrale), mais également chez les adultes.
Pratiquer la musique plus que simplement l’écouter a un effet stimulant sur le développement du langage oral, de la lecture, des capacités de concentration, de mémoire, et d’organisation-planification (fonctions exécutives) des enfants.
La pratique de la musique, en groupe, favorise les capacités sociales et les liens d’attachement. Cet effet stimulant est d’autant plus important qu’on commence tôt la pratique, que celle-ci soit fréquente et régulière, et qu’elle se fasse avec plaisir et motivation.
L’enfant qui apprend à pratiquer la musique développe petit à petit une coordination (et donc des nouvelles connexions cérébrales) entre l’écoute, l’analyse des notes, des tonalités, des mélodies, du tempo et du rythme (en lien avec le mouvement, la pulsation), la maîtrise de sa voix (chant), de son souffle (instrument à vent) ainsi que l’observation et la coordination des gestes sur son instrument, la lecture de partitions, l’analyse esthétique et émotionnelle de la musique. En groupe il apprend à se synchroniser ou s’articuler avec les autres petits musiciens.
On a développé des programmes de réhabilitation utilisant la musique pour les troubles du langage oral et écrit, le bégaiement, la surdité. Il semble que le rythme soit un paramètre essentiel, commun entre les mécanismes du langage et de la musique. Le rôle anti-stress de la musique est utilisé positivement dans les hôpitaux, par exemple dans les services de néonatologie qui traitent des grands prématurés.
La musique a donc un effet neurostimulant et neuroprotecteur pendant toute la vie. La pratiquer et l’écouter favorise la connectivité des régions cérébrales.
On peut s’interroger sur le bénéfice à élargir et généraliser l’enseignement de la musique dans les écoles, sans discrimination, et donc inclure aussi les enfants avec troubles des apprentissages, du neurodéveloppement et avec handicaps dont elle stimulerait les capacités tout en leur apportant du plaisir. Il est intéressant de développer des échanges entre les musiciens et les thérapeutes (logopédistes, ergothérapeutes, psychomotriciens, psychologues) afin de chercher des pistes sur les défis que peuvent poser l’enseignement et la pratique musicale, selon les besoins de chaque enfant.
Pédiatre à Genève
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